Le cadre légal : INCO et les 14 allergènes obligatoires
Le règlement européen qui structure tout
- Gluten (blé, orge, seigle, avoine, épeautre, kamut)
- Crustacés (crevettes, langoustines, langoustes, homards, crabes)
- Œuf et tous ses dérivés (mayonnaise, pâtisseries)
- Poisson et tous dérivés (gélatine de poisson, sauces type Worcestershire)
- Arachide (cacahuète et dérivés, huile d'arachide)
- Soja (sauce soja, lécithine de soja, tofu, tempeh)
- Lait (tous produits laitiers, beurre, crème, fromages, yaourts, lactose)
- Fruits à coque (amandes, noisettes, noix, pistaches, noix de cajou, pécan, macadamia, pignons)
- Céleri (branche et céleri-rave, sel de céleri)
- Moutarde (graines, condiments, sauces avec moutarde)
- Sésame (graines, huile de sésame, tahini)
- Sulfites (au-delà de 10 mg/kg ou 10 mg/litre — vins notamment)
- Lupin (graines et farine de lupin)
- Mollusques (moules, huîtres, escargots, calmars, poulpes)
Recensement via RSVP
Question dans l'invitation et délai limite
- Format simple : « Avez-vous des allergies alimentaires ou intolérances ? Si oui, lesquelles ? »
- Format précis avec exemples : « Merci de signaler toute allergie alimentaire (gluten, fruits à coque, lactose, etc.) ainsi que les régimes spécifiques (végétarien, vegan, halal, casher). »
- Format avec niveau de gravité : « Si vous avez une allergie sévère (avec risque de choc anaphylactique), merci de le préciser explicitement. »
- Vérifier la disponibilité de produits alternatifs auprès de ses fournisseurs
- Adapter les fiches techniques de plats concernés
- Former l'équipe de service sur les invités à risque
- Préparer la signalétique buffet le cas échéant
Brief traiteur : 5 informations à transmettre
Liste nominative et niveau de gravité
- Nom de l'invité
- Allergène(s) concerné(s)
- Niveau de gravité (intolérance / allergie modérée / allergie sévère avec risque anaphylactique)
- Numéro de table assigné s'il y a plan de table
- Intolérance : inconfort digestif, pas de risque vital. Adaptation du menu suffit (par exemple plat sans lactose).
- Allergie modérée : réactions cutanées (urticaire), digestives ou respiratoires bénignes. Évitement strict de l'allergène nécessaire mais pas de risque vital immédiat.
- Allergie sévère : risque de choc anaphylactique potentiellement mortel. Nécessite plat dédié, vaisselle dédiée, absence de contamination croisée et trousse d'urgence sur place.
- Adaptation du menu standard : pour intolérance et allergie modérée. Le traiteur retire l'allergène du plat (mayonnaise sans œuf cuit, sauce sans gluten). Plat servi sur la même vaisselle que le reste, dans la même séquence.
- Plat dédié sans contamination croisée : pour allergie sévère. Le traiteur prépare un plat distinct dans une zone séparée, avec ustensiles et vaisselle dédiés. Servi à part avec étiquetage nominatif. Surcoût 30 à 80 € par invité concerné selon la complexité.
Signalétique buffet et étiquetage
Pictogrammes 14 allergènes et plat dédié
- Nom du plat en clair (ex. « tartare de saumon, citron caviar, aneth »)
- Pictogrammes des allergènes présents (système standardisé : icônes représentant chacun des 14 allergènes)
- Mention « peut contenir des traces de... » en cas de contamination croisée possible (ex. plat préparé dans une cuisine où des fruits à coque sont manipulés ailleurs)
- Servi à part, jamais sur le buffet partagé (risque de mélange par un autre invité)
- Étiqueté au nom de l'invité de façon explicite
- Conservé au chaud ou au froid selon le plat, dans une zone dédiée
- Servi par le maître d'hôtel ou un serveur identifié qui apporte le plat directement à l'invité
- Plateaux distincts par allergène : un plateau « pièces sans gluten » identifié par le serveur
- Service personnalisé pour les invités sévères : le maître d'hôtel apporte régulièrement à l'invité les pièces qu'il peut consommer, identifiées en cuisine
- Carte des pièces remise à l'invité en début de service, avec mention des allergènes par pièce
Trousse d'urgence et protocole anaphylactique
Épinéphrine, numéros d'urgence, référents par table
- Chaque invité avec allergie sévère porte-t-il son EpiPen sur lui ? Confirmer dans le brief individuel à J-15.
- Où est-il rangé pendant le repas ? Sac à main, veste posée sur la chaise, à proximité immédiate.
- Quelqu'un d'autre dans son entourage sait-il l'utiliser ? Si oui, identifier cette personne et son numéro de table.
- SAMU : 15 (numéro français pour urgences médicales)
- Numéro européen : 112 (depuis n'importe quel pays européen)
- Adresse précise du lieu de l'événement (à donner au régulateur SAMU)
- Coordonnées GPS pour les lieux ruraux ou difficiles à localiser
- Quels invités à votre table ont une allergie sévère ?
- Que faire en cas de symptômes (gonflement, difficulté à respirer, urticaire qui s'étend) ?
- Qui appeler en priorité (maître d'hôtel, organisateur, SAMU) ?
Responsabilité juridique de l'organisateur
Ce qui engage et ce qui n'engage pas
- RSVP non transmis au traiteur : un invité a signalé son allergie au RSVP, mais l'information n'est jamais arrivée au traiteur. Faute de l'organisateur dans la chaîne d'information.
- Signalétique absente sur buffet : aucun étiquetage des plats, l'invité allergique se sert d'un plat contenant son allergène. Faute par défaut de précaution standard.
- Refus du plat dédié sans justification : un invité avec allergie sévère a demandé un plat dédié, l'organisateur refuse pour des raisons de coût. Faute par négligence si incident.
- Allergie non déclarée au RSVP : l'invité n'a pas signalé son allergie alors que la question lui était posée. Sa propre responsabilité est engagée.
- Mensonge ou erreur de l'invité : l'invité a dit ne pas avoir d'allergie et en avait une. Ou il a sous-estimé sa sensibilité.
- Faute du traiteur traçable : le traiteur a été informé de l'allergie mais n'a pas appliqué le protocole convenu (par exemple, contamination croisée par négligence du personnel). Responsabilité du traiteur, pas de l'organisateur, sauf si le brief était insuffisant.
- Force majeure : événement imprévisible et inévitable malgré toutes précautions raisonnables.
- Conserver une trace écrite de tous les RSVP reçus avec horodatage
- Conserver le mail ou document de brief envoyé au traiteur, avec accusé de réception
- Vérifier que le contrat traiteur mentionne explicitement la prise en charge des allergies signalées
- Faire signer une décharge ou attestation de connaissance du menu par les invités allergiques sévères présents
Foire aux questions
Gluten, crustacés, œuf, poisson, arachide, soja, lait, fruits à coque, céleri, moutarde, sésame, sulfites, lupin, mollusques. Tout traiteur professionnel en France doit pouvoir tracer ces 14 allergènes par plat (réglementation européenne INCO n° 1169/2011). Si un traiteur ne peut pas produire la fiche technique sous 48 heures, il n'est pas en règle avec la réglementation.
Oui en cas de négligence prouvée : RSVP non transmis au traiteur, signalétique absente sur buffet, refus injustifié du plat dédié. Non en cas de force majeure ou si l'invité n'a pas déclaré son allergie au RSVP malgré la question posée. Pour limiter l'exposition juridique : conserver une trace écrite de tous les RSVP, du brief au traiteur, et mentionner explicitement la prise en charge des allergies dans le contrat.
Recommandé pour tout événement de plus de 50 invités. Composition : numéros SAMU 15 / européen 112 affichés dans le local technique, adresse précise et coordonnées GPS du lieu, identification des invités allergiques sévères et de leurs EpiPen personnels, désignation d'1 référent par table briefé sur les symptômes du choc anaphylactique. L'organisateur ne fournit pas d'EpiPen générique (médicament prescrit nominativement) mais organise la disponibilité de ceux des invités.
© SuperTraiteur 2026 - Tous droits réservés